Quand les premiers jours chauds de l'été (et parfois même du printemps) arrivent, que voit-on réapparaitre dans les rues? Les minijupes, bien sûr! Aujourd'hui, c'est normal voire naturel d’apercevoir des filles et des femmes se promener en tenues courtes. Cependant, on oublie trop souvent qu'à peine 50 ans auparavant, il s'agissait d'un changement radical, d’un choc! Jamais on n'avait vu autant de peau et encore moins les genoux des femmes! Pour les puritains, les gens conservateurs, c'était ni plus ni moins un scandale, un crime même! Révolutionnaire, la minijupe? Absolument!
| Mode des années 50 http://storage.canalblog.com/40/68/610962/59269782.jpg |
À l’époque, au début des années 60, les jeunes gens ont une condition économique confortable pour leur âge, beaucoup plus confortable que celle de leurs parents au même âge. Ils veulent du changement, ils n’adhèrent plus aux mœurs véhiculées par la société et encore moins par la mode, dictée jusque là par les grands couturiers français, qui ne correspond pas aux besoins des jeunes. Ils ne veulent pas se vêtir comme les adultes, ils veulent leur style bien à eux; ce sont les «Mods» (des modernistes).
«De fait, c’est au cours des années 60 que la mode prend une place prépondérante dans la vie des jeunes adultes. Pour la première fois, la plupart des femmes de moins de 30 ans ont les moyens matériels d’exprimer leur soif de liberté par l’habillement. L’équilibre entre les générations bascule de façon irrémédiable : les jeunes prennent en main leur destin, ils le font avec délectation et en se moquant ouvertement des conventions bourgeoises et l’ordre établi.»
-Zandra Rhodes, Mode vinage, p.113.
Ce phénomène révolutionnaire, on l’observe principalement en Angleterre, à Londres, plus précisément dans le quartier de Chelsea. C’est dans cette partie de Londres que les jeunes branchés se tiennent. C’est également là que Mary Quant ouvre sa boutique «Bazaar» où elle vend ses créations adressées aux jeunes, qui vont de pair avec leurs idéaux; on ne trouve des vêtements de ce genre nulle part ailleurs.
Voulant aller à l’encontre du style classique de l’époque, la jeune styliste remonte l’ourlet de ses jupes au-dessus du genou, chose impensable et choquante au début des années 60, bien que les minijupes ne sont pas encore à leur plus court, au contraire! Chaque année, les jupes de Mary Quant deviennent de plus en plus courtes! C’est une première! La Britannique chamboule totalement le style des jeunes filles.
Toutefois, bien que Mary Quant ait popularisé la mini dans la rue, le succès de ce vêtement revient également à André Courrèges, couturier français, qui fait entrer ce vêtement dans la haute couture avec son look Space Age, en 1964. Sans l’approbation des grands couturiers de ce monde, la mini n’aurait pas été mondialement connue à cette époque.
Maintenant, vous vous demandez probablement comment une jupe peut être à l’origine d’une révolution. Bien que n’étant pas le seul facteur ayant entraîné l’émancipation des femmes, la minijupe est l’un des seuls qui permet à la femme de démontrer au monde entier son affranchissement, son indépendance, sa force de caractère, sa volonté de changement, de crier haut et fort qu’elle est fière d’être une femme et de le prouver! D’autant plus que cette jupe courte lui permet une plus grande liberté de mouvements. La femme n’est plus confinée dans un carcan, elle est enfin libre et personne ne peut en douter!
Alors, cet été, quand vous porterez vos minijupes – à ne pas confondre avec les micro-jupes ;) –pensez au chemin qu’a parcouru ce bout de tissu depuis un demi-siècle et aux conséquences monstres qu’il a entrainées depuis! J’espère que vous les porterai fièrement, comme les femmes avant nous l’ont fait. Ce n’est pas qu’un vêtement, c’est un symbole de la liberté féminine!


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